Toute l'actualité de THEATRE ET COMPAGNIE et de la Cie NICOL-DAVID
Eduardo de Filippo, auteur de théâtre napolitain encore plus populaire chez les Italiens que Molière ne l'est
chez les Français, a écrit des oeuvres drôles, tendres, féroces, et très réalistes. Eduardo parle de ce qu'il connaît : sa ville (Naples), la misère et la noblesse de ceux qu'il croise, côtoie,
et finit par animer sur la scène du théâtre San Carlo. Dans l'immédiate après-guerre Naples est un chaos indescriptible. On y meurt de faim aussi sûrement que le Vésuve est toujours menaçant
(dernière irruption en 1944). C'est dans ce décor triste à pleurer qu'il écrit une comédie flamboyante, déchirante, en forme de cris : "Filumena
Marturano".
C'est l'histoire d'une femme qui meurt, et demande à son compagnon de devenir officiellement son mari avant de quitter cette vallée de larmes. Ledit compagnon
s'exécute sans trop s'inquiéter des suites possibles à cette union. Sitôt le prêtre parti, Filumena se lève d'un bond pour féliciter l'heureux époux ! Ce dernier ne comprend pas pourquoi elle a
fait toute cette comédie macâbre... Filumena lui assène alors :"J'ai trois enfants (...) Trois fils (...) et je les ai élevés avec ton argent !". Après quoi elle raconte tout : la misère,
l'errance, la déchéance, et l'espoir qui surgit d'une simple phrase entendue dans la rue, alors qu'elle invectivait une statue de la Madonne : "Les enfants sont les enfants". Cette phrase donne
un sens à sa vie, en fait une combattante du quotidien. Une femme asservie mais pas dupe !
La
troupe du Petit-Théâtre a repris et adapté ce chef-d'oeuvre en 2007, avec un succès immédiat auprès de tous les spectateurs qui ont eu la chance d'assister aux trop rares représentations qui ont
été données. On rit aux larmes, on étrangle des sanglots, on fulmine de colère, et on applaudit à tout rompre. Entre les actes, des chansons napolitaines invitent au voyage. Parlez-en à ceux qui
peuvent diffuser cette pièce magnifique. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour nous !