Toute l'actualité de THEATRE ET COMPAGNIE et de la Cie NICOL-DAVID
Nous y sommes, enfin. Matthieu doit sortir de réanimation demain. Ce soir, lors de son atelier, ce sont ses parents qui sont venus nous apporter la bonne, la très bonne nouvelle.
Matthieu progresse chaque jour, et ses parents sont soulagés (je ne vous apprends rien), ils vous adressent un immense merci pour la solidarité que vous montrez pour leur fils
(et croyez-moi, c'est un vrai merci, de ceux qu'on entend vraiment).
Arrive pour ce jeune garçon, plein de vie et de promesse, le temps des bilans terribles et des projets, inéluctables. La vie reprend ses droits, comme une forêt repousse sur des ruines. C'est
comme ça. C'est odieux que Jordi ne puisse pas partager nos bonheurs à venir, nos projets inéluctables. Matthieu prendra la mesure de la chance qu'il a eue. Combien de détails
insignifiants se sont accumulés pour fabriquer cette tragédie ? Combien de centimètres, combien de dixièmes de seconde séparent ces deux enfants dans leurs
destins ? Matthieu et Jordi sont inséparables. Ce soir, en atelier, avec les parents et les amis de Matthieu, nous avons beaucoup évoqué ce jeune homme qui nous manquera toujours. Les
amis de Matthieu sont forcément nos amis, et nous portons tous une partie de leur tragédie. Aux parents et aux amis de Jordi, nous envoyons des vœux de courage et d'espoir. C'est bien de cela
qu'il s'agit, désormais : espérer, pour continuer... pas comme avant.
Les projets inéluctables, pour Matthieu, c'est en partie le théâtre. Cet endroit merveilleux où, l'espace d'un instant, on n'est plus tout à fait soi-même. Ce moment magique où l'on donne
beaucoup, et l'on reçoit tant. Ce soir Matthieu a réclamé son texte, il veut être avec nous, dehors. Dans le
projet commun, inéluctable. Comme la mémoire, inexorable. Vous êtes une centaine maintenant à vous retrouver chaque jour sur ce blog... peut-être tout simplement pour être
ensemble, dans cette histoire tragique qui nous ramène à des drames personnels. Nous avons, pour beaucoup, laissé un ami, un frère, une cousine, un papa, sur une route. Quelque part, au bout d'un
de ces maudits virages qu'on déteste, et qu'on est parfois obligé d'emprunter chaque jour. L'histoire de Matthieu est un peu la nôtre. Et ça aussi il faudra le lui dire, pour qu'il se sente moins
seul avec ses souvenirs.
Ecrivez-lui après le bip sonore... biiip.